La létalité synthétique est un phénomène génétique où la combinaison de deux altérations génétiques est fatale pour une cellule, alors qu'une seule ne l'est pas. Cette approche offre des stratégies thérapeutiques prometteuses pour cibler des voies oncogéniques jusqu'alors inaccessibles. Des criblages à haut débit ont permis d'identifier de nouvelles vulnérabilités exploitables, notamment dans la réponse aux dommages à l'ADN et les altérations épigénétiques. Les inhibiteurs de PARP, efficaces dans les cancers mutés BRCA, ont validé ce principe en clinique. De nouvelles stratégies ciblant PRMT5, MAT2A, WRN, PKMYT1 et WEE1 sont actuellement en développement préclinique ou clinique précoce.
Semaine
Semaine 2026-W22
23 articles
Cet article aborde la complexité croissante de la prise de décision thérapeutique pour le cancer du sein précoce, hormono-dépendant et HER2-négatif. Il souligne l'importance des avancées en biologie tumorale, notamment les tests génomiques, pour améliorer la stratification du risque et identifier les patientes bénéficiant le plus de la chimiothérapie. L'article explore également les défis et controverses actuels, tels que l'utilisation des tests génomiques chez les femmes préménopausées avec atteinte ganglionnaire. Enfin, il discute du rôle émergent de l'ADN tumoral circulant comme biomarqueur pronostique et prédictif.
Le système de stadification FIGO pour le cancer de l'endomètre a été révisé en 2023, intégrant des critères anatomiques affinés et des déterminants moléculaires. Cette mise à jour vise à optimiser la sélection des traitements adjuvants en maximisant les bénéfices et en minimisant les effets indésirables. Les sous-groupes moléculaires incluent POLEmut, p53abn, MMRd et NSMP. Les recommandations ESGO-ESTRO-ESP de 2025 complètent ce cadre en exigeant l'évaluation du récepteur d'œstrogènes (ER) dans la catégorie NSMP, identifiant ainsi les maladies à risque accru de récidive et de mortalité.
Les données du SABCS 2025 mettent en lumière le rôle croissant de l'ADN tumoral circulant (ADNtc) dans la gestion du cancer du sein. L'ADNtc est désormais utilisé pour guider les décisions thérapeutiques, notamment dans le cancer du sein avancé hormono-sensible. L'essai SERENA-6 a montré que la détection de mutations de ESR1 par l'ADNtc permettait d'adapter la thérapie endocrinienne, améliorant ainsi les résultats cliniques. De plus, dans les stades précoces, l'ADNtc identifie la maladie résiduelle minimale (MRD) et les patientes à haut risque de récidive. Ces avancées positionnent l'ADNtc comme un biomarqueur essentiel pour une oncologie de précision et une adaptation dynamique des traitements.
L'amélioration de la survie des patientes atteintes d'un cancer du sein en âge de procréer met en lumière les défis de l'oncofertilité. La préservation de la fertilité, la gonadotoxicité et la sécurité des grossesses sont des préoccupations majeures qui nécessitent une prise en charge précoce et intégrée au plan thérapeutique. Il est crucial de référer rapidement les patientes pour la préservation de la fertilité sans compromettre les résultats oncologiques. Les thérapies modernes comme les inhibiteurs de PARP, les inhibiteurs de CDK4/6, les anticorps anti-HER2 et les traitements endocriniens posent des questions spécifiques en l'absence de données prospectives sur la fertilité humaine. Une approche précautionneuse est recommandée, incluant la contraception efficace et des périodes de sevrage.
Cette étude révèle que les inhibiteurs de MEK1/2, ciblant la voie Ras-MAPK, entraînent une perte de la protéine AXIN1 dans les lignées cellulaires et les organoïdes dérivés de patients atteints de cancer colorectal. Contrairement aux inhibiteurs de GSK3, cette perte n'est pas due à une modification de la stabilité ou des modifications post-traductionnelles d'AXIN1, ni à une réduction significative de ses transcrits. Les analyses ont montré que les inhibiteurs de MEK1/2 réduisent la synthèse protéique globale via une voie associée à mTOR, un effet qui est suffisant pour provoquer la perte d'AXIN1. Le traitement concomitant avec des inhibiteurs de tankyrase peut partiellement prévenir cette perte d'AXIN1.
Cette méta-analyse a évalué l'efficacité de la réintroduction des inhibiteurs de CDK4/6 (CDK4/6i) après progression chez des patientes atteintes d'un cancer du sein avancé/métastatique RH-positif HER2-négatif. L'étude a inclus 1396 patientes issues de huit essais cliniques, comparant la réintroduction des CDK4/6i plus thérapie endocrinienne à la thérapie endocrinienne seule. Les résultats ont montré une amélioration significative de la survie sans progression (SSP) médiane de 5,8 mois contre 3,7 mois. Un bénéfice plus important a été observé en cas de changement d'inhibiteur de CDK4/6, notamment avec l'abemaciclib, mais aucun bénéfice en termes de survie globale n'a été démontré.
Cette étude a caractérisé l'architecture moléculaire du microenvironnement tumoral (TME) dans l'adénocarcinome pulmonaire (LUAD) porteur de mutations somatiques BRCA1/2, en utilisant le séquençage unicellulaire et des données multi-omiques. Les mutations BRCA1/2 sont associées à une instabilité génomique accrue et un pronostic défavorable, mais prédisent de meilleurs résultats cliniques avec les inhibiteurs de points de contrôle immunitaire (ICB). Les mutations BRCA1 sont liées à une signature IFN de type I/IFN-γ et à l'activation des lymphocytes T CD8+, tandis que les mutations BRCA2 sont associées à des réponses inflammatoires et à une présentation antigénique MHC-II améliorée, influençant la différenciation des lymphocytes T CD4+. L'étude a également identifié des sous-ensembles de lymphocytes T à mémoire résidents tissulaires (Trm) comme prédicteurs de la réponse aux ICB et a montré qu'un programme pro-cancéreux activé par BRCA1 est sensible aux inhibiteurs d'histone désacétylase.
Integrating single-cell analysis and digital pathology for risk stratification in pancreatic cancer.
Score8.5Cette étude vise à améliorer la stratification du risque de métastase hépatique précoce dans l'adénocarcinome canalaire pancréatique (PDAC) en intégrant l'analyse unicellulaire et la pathologie numérique. Les chercheurs ont combiné des données de séquençage d'ARN unicellulaire (scRNA-seq) de tumeurs primaires et métastatiques de PDAC avec des données transcriptomiques, cliniques et d'images H&E. Ils ont identifié une signature de quatre gènes (ARHGAP18, ASPH, EIF4EBP1, LY6D) associée à la métastase, qui a pu être corrélée à des caractéristiques extraites d'images pathologiques. Un modèle pathologique basé sur ces caractéristiques a démontré une capacité de stratification pronostique dans des cohortes internes et externes. Cette approche propose un flux de travail intégrant le génotype et le phénotype pour relier les caractéristiques métastatiques dérivées du scRNA-seq aux images histopathologiques de routine.
Cette étude rétrospective a évalué l'efficacité et la sécurité de l'immunothérapie néoadjuvante chez 24 patients atteints de mélanome localement avancé résécable. Le traitement comprenait majoritairement du pembrolizumab en monothérapie ou une combinaison d'ipilimumab et de nivolumab. Un taux de réponse pathologique complète (pCR) de 16,7% et de réponse pathologique partielle (pPR) de 33,3% a été observé. Les mutations de NRAS au codon 61 étaient présentes chez 42% des patients, avec 50% d'entre eux atteignant une pPR. La toxicité, notamment la colite avec la thérapie combinée, a été un défi clinique notable.
Cette méta-analyse évalue l'efficacité et la sécurité des immunothérapies en monothérapie ou en combinaison pour le cancer colorectal métastatique (CCRm) avec déficience du système de réparation des mésappariements de l'ADN (dMMR) ou instabilité microsatellitaire élevée (MSI-H). La monothérapie anti-PD-1/PD-L1 a significativement amélioré le taux de réponse objective (ORR) par rapport à la chimiothérapie, avec un profil de sécurité favorable. L'immunothérapie combinée (nivolumab plus ipilimumab) a montré un ORR supérieur à la monothérapie, mais au prix d'une toxicité accrue. Les bénéfices en termes de survie sans progression (PFS) et de survie globale (OS) n'étaient pas toujours statistiquement significatifs et variaient entre les études.
Cette étude rétrospective multicentrique canadienne a évalué les schémas de traitement et les résultats chez 116 patients atteints de gliome diffus de grade 2 de l'OMS à haut risque, traités par radiothérapie et chimiothérapie alkylante adjuvante (témozolomide ou PCV). Les résultats ont montré une survie globale et une survie sans progression favorables, avec des taux à 5 ans de 94,1% et 77,9% respectivement. Le statut mutationnel IDH est apparu comme le principal facteur pronostique indépendant. Bien qu'il n'y ait pas eu de différence significative en termes de survie sans progression entre le témozolomide et le PCV chez les patients IDH-mutés, le PCV a été associé à une toxicité hématologique plus élevée et à davantage de modifications de dose.
Le traitement du cancer du sein métastatique (CSM) positif aux récepteurs hormonaux (RH+) et négatif au HER2 (HER2-) a connu une évolution significative, passant de thérapies séquentielles à des stratégies plus personnalisées. Les inhibiteurs de CDK4/6 combinés à l'hormonothérapie constituent toujours le traitement de première ligne standard, améliorant la survie sans progression et parfois la survie globale. L'émergence des conjugués anticorps-médicament (ADC) comme le trastuzumab deruxtecan, le sacituzumab govitecan et le datopotamab deruxtecan transforme le paysage thérapeutique, y compris pour les maladies HER2-low et HER2-ultralow. La thérapie dirigée vers les métastases est également envisagée pour les maladies oligométastatiques ou oligoprogressives, nécessitant une décision nuancée. La prise en charge globale intègre désormais la biologie tumorale, les avancées thérapeutiques et les objectifs de soins définis par le patient.
Un essai clinique de phase 3, randomisé et contrôlé vs placebo, a évalué l'ajout de tucidinostat, un inhibiteur d'histone désacétylase, au protocole R-CHOP standard chez des patients atteints de lymphome diffus à grandes cellules B à double expression (DEL) MYC/BCL2. L'étude a démontré une amélioration significative de la survie sans événement (EFS) dans le groupe tucidinostat, avec une réduction de 28% du risque d'événements et un taux d'EFS à deux ans de 60,3% contre 50,5% pour le groupe placebo. Le taux de réponse complète était également plus élevé (73,0% vs 61,8%). Bien qu'une toxicité accrue ait été observée avec le tucidinostat, elle était généralement gérable.
Cette étude nationale japonaise a résolu le statut de la variante BRCA2 c.7847C>T (p.Ser2616Phe), spécifique à la population japonaise et auparavant de signification incertaine. En intégrant des analyses de coségrégation quantitative, des preuves fonctionnelles robustes et des données de fréquence de population, les chercheurs ont accumulé des preuves solides. L'évaluation a permis de reclasser cette variante comme "Pathogène" selon le cadre ClinGen ENIGMA. Cette reclassification est essentielle pour garantir l'accès des patients japonais éligibles aux thérapies ciblées, notamment les inhibiteurs de PARP.
Cet article présente VBVarSel, un nouvel algorithme de Bayes variationnel recuit conçu pour l'analyse de données de haute dimension. Il vise à surmonter les défis liés à la présence de variables non pertinentes et au choix du nombre de clusters. L'algorithme est particulièrement adapté au sous-typage des maladies et à la découverte de biomarqueurs dans les ensembles de données omiques. Les auteurs démontrent que VBVarSel surpasse les méthodes existantes dans des exemples simulés et biomédicaux réels, notamment pour le sous-typage du cancer.
Disruption of the structural maintenance of chromosomes 5/6 complex enables tumor mutagenesis.
Score9.3Le complexe SMC5/6 est essentiel pour la stabilité du génome, et des variants germinaux sont associés à une instabilité génomique. Cette étude pan-cancer révèle que des variants somatiques délétères des gènes SMC5/6, mais pas les altérations du nombre de copies, sont liés à une charge mutationnelle tumorale (TMB) élevée. Cette mutagenèse est souvent due à un dysfonctionnement de la polymérase epsilon et à une déficience de la réparation des mésappariements. Les patients porteurs de ces variants présentent une meilleure survie et une réponse supérieure à l'immunothérapie. Ces résultats suggèrent que le statut des gènes SMC5/6 pourrait servir de biomarqueur pronostique et prédictif pour des approches thérapeutiques personnalisées.
Cette étude multiomique a cherché à identifier des biomarqueurs de radiorésistance et à construire un modèle pronostique pour le cancer du rectum. En utilisant des données RNA-seq de masse et unicellulaires issues de multiples cohortes, un modèle de score de risque basé sur des gènes liés à la radiothérapie a été développé. Ce score a montré des associations significatives avec l'infiltration des cellules immunitaires et la sensibilité aux médicaments de chimiothérapie. Cinq gènes clés potentiellement liés à la sensibilité à la radiothérapie ont été identifiés et validés par des analyses protéiques et immunohistochimiques. Ces gènes pourraient servir de nouveaux biomarqueurs pour le diagnostic, l'évaluation pronostique et la gestion clinique du cancer du rectum.
La biopsie liquide est une approche novatrice en oncologie, offrant une alternative non invasive à la biopsie tissulaire pour le diagnostic et le suivi des patients. Elle utilise des biomarqueurs comme l'ADN tumoral circulant (ADNtc) pour la détection précoce du cancer, la surveillance de la maladie résiduelle minimale (MRM) et le suivi dynamique de la réponse au traitement. Des essais cliniques ont démontré son efficacité pour détecter les récidives plus tôt et guider les décisions thérapeutiques de manière plus précise. Malgré des défis liés à la sensibilité et à la variabilité technique, l'intégration de l'intelligence artificielle et des approches multi-omiques promet d'améliorer ses performances futures.
Cette étude a développé un modèle pronostique pour le cancer colorectal (CCR) en utilisant 101 algorithmes d'apprentissage automatique basés sur des gènes liés à l'immunité. En analysant les données de patients atteints de CCR, le modèle de régression Ridge a montré la meilleure performance, générant un score de risque (IRGRS) significativement associé à une survie plus faible. L'IRGRS s'est avéré être un facteur pronostique indépendant et a corrélé avec l'infiltration des cellules immunitaires et l'activité stromale. Ce score pourrait également prédire la réponse aux inhibiteurs de points de contrôle immunitaire et la sensibilité à certaines chimiothérapies.
Cette étude présente le développement et l'implémentation d'une plateforme intégrée conçue pour faciliter la prise de décision au sein des Réunions de Concertation Pluridisciplinaire Moléculaires (RCPM) en oncologie de précision. La plateforme utilise un processus ETL (Extract, Transform, Load) pour consolider les données cliniques et moléculaires hétérogènes, incluant les résultats de séquençage de nouvelle génération (NGS). Elle automatise le chargement des données, réduisant ainsi le temps manuel des cliniciens et offrant une vue intégrée du statut du patient. Entre février 2024 et septembre 2025, la plateforme a collecté des données de 1 119 patients et 1 221 résultats NGS, avec des recommandations thérapeutiques formulées pour 30 % des cas.
Cette étude compare les performances de grands modèles linguistiques (LLMs tels que GPT-4.1-mini et Gemini-2.5-Flash) et d'algorithmes d'apprentissage automatique (arbres de décision et XGBoost) pour classer les publications biomédicales selon le système de niveaux de preuve CIViC. Les LLMs ont été évalués avec des stratégies de prompting zéro et few-shot, tandis que les modèles ML ont utilisé des représentations TF-IDF et d'embeddings de mots. XGBoost avec TF-IDF a obtenu la meilleure performance (micro-F1 = 0,83), surpassant les LLMs et les arbres de décision. Tous les modèles ont montré de meilleures performances sur les niveaux de preuve intermédiaires (B à D) et ont eu des difficultés avec les niveaux élevés (A) et inférentiels (E). Les résultats suggèrent que la classification des preuves au niveau de l'abstract est principalement guidée par des indices lexicaux explicites, avec un bénéfice limité des approches LLM autonomes.
Cette étude explore l'impact des distributions non-iid (Non-IIDness) sur la performance des modèles d'apprentissage fédéré (FL) pour la prédiction de survie dans les données de cancer du poumon. Les chercheurs ont comparé les algorithmes Random Forest (RF) et AdaBoost dans divers scénarios de décalage de distribution des données entre les clients. Les résultats montrent que la performance des deux algorithmes diminue significativement dans des conditions de forte non-iid. Cependant, Random Forest a systématiquement surpassé AdaBoost dans ces scénarios difficiles. L'algorithme FL développé pourrait permettre la personnalisation et l'ajustement fin des modèles, avec une applicabilité potentielle à d'autres ensembles de données cliniques.